Nemesio Oseguera Cervantes
| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom de naissance |
Rubén Oseguera Cervantes |
| Pseudonymes |
Rubén Ávila, Roberto Salgado |
| Nationalité | |
| Activité | |
| Conjoint |
Rosalinda González Valencia (de à ) |
| Enfants |
Jessica Johanna Oseguera González Rubén Oseguera González (en) Laisha Michelle Oseguera González |
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| Membre de |
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Nemesio Oseguera Cervantes, né le à Aguililla (es) (Michoacán) et mort le à Tapalpa (Jalisco), plus couramment appelé El Mencho, est un baron de la drogue, ainsi que le chef du cartel de Jalisco Nouvelle Génération (CJNG), un groupe criminel mexicain.
En 2021, "El Mencho" est l'un des protagonistes de la guerre de la drogue au Mexique et l'un des criminels les plus recherchés du Mexique et des États-Unis. Les deux gouvernements offrent jusqu'à 30 millions de pesos mexicains et 10 millions de dollars américains respectivement, pour toute information qui conduirait à son arrestation.
Il est recherché pour trafic de drogue, viol sur mineur, implication dans du crime organisé, et détention illégale d'armes à feu. El Mencho serait responsable de la coordination d'opérations de trafic de drogue à travers toute l'Amérique latine, mais aussi en Europe, en Asie, en Afrique et en Océanie. Il aurait fait du CJNG l'une des principales organisations criminelles du Mexique.
Le , il est tué lors d'une opération du gouvernement mexicain[1].
Biographie

Nemesio Oseguera Cervantes « El Mencho El señor de los gallos » naît le à Aguililla, dans l'État de Michoacán au Mexique. Son prénom, Nemesio, lui a été donné en honneur à son parrain. Né dans la pauvreté, au sein d'une famille ayant six enfants (ses frères sont Juan, Miguel, Antonio, Marín et Abraham Oseguera Cervantes) et vivant de la production d'avocats, il abandonne l'école durant la cinquième année de primaire. Il est alors embauché pour travailler dans les champs d'avocatiers de la famille Valencia. Cette dernière sera à l'origine du cartel de Milenio, aussi connu sous le nom de « cartel de l'avocat ». C'est dans ce contexte qu'El Mancho devient surveillant des plantations de cannabis et pavot du cartel, puis, trafiquant de drogue[2],[3],[4].
El Mencho s'installe en Californie au cours de l'année 1986. Il est impliqué dans un réseau de trafic d'héroïne et de méthamphétamine de la baie de San Francisco. La police de San Franciso l'arrête cette même année pour possession de biens volés et d'une arme chargée. Deux mois plus tard, sa première fille, Jessica Johanna Oseguera, nait à San Francisco. Au cours de ces années, il traverse la frontière entre les États-Unis et le Mexique plusieurs fois, pour faire passer de la drogue aux États-Unis[3],[5].
Il est expulsé au Mexique une première fois en 1989, mais revient illégalement aux États-Unis. Il est expulsé une deuxième fois en 1992[5].
De retour dans l'État de Michoacán, il rejoint le cartel de Milenio. Il en est expulsé à la suite de luttes internes. Cervantes s'installe alors dans l'État de Jalisco, où il fonde en 2009 les « Mata Zetas », qui seront bientôt rebaptisé cartel de Jalisco Nouvelle Génération[6].
Mort
Il est abattu par l'armée mexicaine (avec l’appui des services de renseignement américains) le à Tapalpa, Jalisco lors d'une opération militaire[7],[8].
Sa mort provoque une vague de violence dans plusieurs régions du Mexique et principalement dans l’État de Jalisco : voitures prises de force et incendiées sur les routes du pays, commerces détruits, hommes armés faisant irruption dans la rue et un aéroport. Neuf États du pays décident de fermer les écoles le lundi , le gouverneur du Jalisco activant le code rouge, le plus élevé en matière de sécurité[9].
Après l’opération ayant conduit à la mort de Nemesio Oseguera Cervantes, au moins 70 membres de la Garde nationale du Mexique, ainsi qu’un agent de sécurité et un fonctionnaire du parquet, sont assassinés dans les attaques menées par le cartel, tandis que 46 membres du cartel sont tués par les forces de l'ordre[10],[11].
Accusations de crime
Fondateur du cartel de Jalisco Nouvelle Génération (CJNG), Nemesio Oseguera Cervantes en fait le plus puissant du Mexique notamment par un « usage débridé de la violence »[6].
Depuis les années 2000, le bureau de la DEA — agence fédérale des États-Unis de contrôle des narcotiques —, à Los Angeles, en Californie, n'a cessé de suivre les activités d'El Mencho, et s'est aperçu que le CJNG avait étendu ses opérations de trafic de drogue à l'international. En 2000, le gouvernement américain découvre qu'El Mencho est impliqué dans une opération internationale de cocaïne et de méthamphétamine. Cinq ans plus tard, il est avéré qu'il a fait l'usage d'armes à feu pour faciliter ses opérations[réf. nécessaire].
Il est connu pour mener des actes de violence à la fois contre les groupes criminels rivaux et contre les autorités mexicaines. Ces attaques ont attiré l'attention du gouvernement, qui a organisé une longue chasse à l'homme : les autorités le soupçonnent de se trouver dans les zones rurales de Jalisco, Michoacán, Nayarit ou Colima, et d'être protégé par des mercenaires ayant été formés militairement[réf. nécessaire].
En 2025, le département d'État des États-Unis déclare le CJNG organisation terroriste, soulignant son caractère « transnational avec une présence dans quasiment tout le Mexique » et détaillant ses activités : trafic de drogues, d'armes, extorsions, traite de migrant, vols de pétrole et de minerais[6].
Après l’arrestation et l’incarcération aux États-Unis des fondateurs du cartel de Sinaloa, il est considéré comme le dernier des grands parrains du Mexique[6].
Nemesio Oseguera Cervantes est connu pour ne pas hésiter à s’en prendre aux autorités. En 2011, le gang commet un de ses massacres les plus symboliques en laissant 35 cadavres près du lieu d'une réunion de procureurs dans le Veracruz[6]. Les membres de son cartel avaient tendu un guet-apens à un convoi de policiers de l'État du Jalisco. Ils avaient alors abattu un hélicoptère militaire au lance-roquettes. Des dizaines de personnes y ont trouvé la mort, dont 20 policiers et neuf militaires. Le , il lance une attaque contre l'actuel secrétaire fédéral à la Sécurité publique, Omar García Harfuch, alors chef de la police de la capitale, le blessant et occasionnant la mort de trois personnes, dont deux gardes du corps[6].
Famille
Sa femme, Rosalinda González Valencia, est arrêtée une première fois le à Zapopan, emprisonnée jusqu'en septembre, libérée sous caution et jugée pour blanchiment d'argent[12].
Sa fille, Jessica Johanna Oseguera est arrêtée le [13] et condamnée à 30 mois de prison pour blanchiment d'argent[14]. Il a une deuxième fille, Laisha Michelle Oseguera[15].
Sa femme est à nouveau arrêtée à Zapopan le lundi , quelques jours après que le frère de sa femme, José González Valencia, a été extradé vers les États-Unis[12],[16].
Culture populaire
Corridos
Comme la plupart des grands barons de la drogue mexicains, de nombreux narcocorridos lui sont dédiés. Exemples de corridos les plus populaires :
- Enigma Norteño. « Yo Soy Michoacano (Nemesio) ». De Aquí Soy, Universal Music Group, 2017.
- Gerardo Ortíz (en). « El M ». Comeré Callado, Vol. 1, DEL Records, 2017.
- Grupo Renuente. « El Mencho ». El Mencho, AJR Discos, 2020.
- Los Ases de Michoacan. « Mencho Oceguera ». Corridos Pesados, Ego, 1995.
- Lenin Ramírez (d). « Soy Mencho ». Bendecido, DEL Records, 2018.
Références
- ↑ « Nemesio Oseguera, dit « El Mencho », baron de la drogue et chef d’un puissant cartel au Mexique, a été tué lors d’une opération militaire », sur leparisien.fr, (consulté le )
- ↑ (es) « 10 datos de 'El Mencho', el narcotraficante más buscado por México y EE.UU » [archive du ]
, sur Los Angeles Times,
- (es) « La historia de “El Mencho”: cómo el líder del CJNG se convirtió en uno de los narcotraficantes más buscados en el mundo » [archive du ]
, sur infobae,
- ↑ (es) « Ubican en EU a clan de 'Mencho' » [archive du ], sur Reforma (en),
- (en) Josh Eells, « The Brutal Rise of El Mencho » [archive du ]
, sur Rolling Stone,
- Peu visible en public, condamné aux États-Unis... Nemesio Oseguera, alias «El Mencho», le redoutable chef de cartel qui a fait trembler le Mexique, lefigaro.fr, 23 février 2026
- ↑ (es) Pablo Ferri, « Cae Nemesio Oseguera, ‘El Mencho’, el narco más buscado, en un operativo de seguridad » [archive du ]
, sur El País US, (consulté le )
- ↑ (es) « Abaten a Nemesio Oseguera Cervantes, ‘El Mencho’, líder de CJNG, en operativo federal » [archive du ]
, sur Milenio,
- ↑ Quentin Duval, « Un tremblement de terre pour le grand banditisme » : la mort de Nemesio Oseguera, alias « El Mencho », plonge le Mexique dans l’incertitude, lefigaro.fr, 23 février 2026
- ↑ Victor Mérat et Jeanne Durieux, Mort d’« El Mencho » : au moins 25 membres des forces de l’ordre tués pendant l’opération, lefigaro.fr, 23 février 2026
- ↑ « Au lendemain de la mort d’El Mencho, plus de 70 morts et un vent de panique au Mexique », sur Ouest-France,
- Elena Reina, « Detenida en Jalisco la esposa de El Mencho, Rosalinda González », El País, 16 novembre 2021.
- ↑ Manuel Espino, « Hija de “El Mencho” fue detenida en EU por lavado: abogado », El Universal, 26 février 2020.
- ↑ Proceso, « Sentencian a 30 meses de prisión a la hija de "El Mencho" », 11 juin 2021.
- ↑ (es) « De desconocida a buscada por la Semar: se confirma que Laisha es la tercera hija de “El Mencho” » [archive du ]
, sur infobae,
- ↑ Courrier international, La chute de “La Jefa” fait trembler le cartel le plus redouté du Mexique, 17 novembre 2021.
Annexe
Voir également