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Médias en Estonie

L'Estonie figure aux premières places dans le classement de la liberté de la presse de l'ONG Reporters sans frontières, aux côtés des pays nordiques voisins.

Historique

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Premier tirage du journal Postimees, le plus ancien et le plus vendu d'Estonie (1857).

Initialement créée par et pour l'élite allemande-balte qui gouvernait le territoire, y compris lors des dominations suédoises puis russes, la presse d'Estlande et Livonie est à l'époque surtout présente dans les villes et publiée exclusivement en Allemand. L'apparition de publications en langue estonienne, d'abord avec Tarto maa rahva Näddali-Leht (en dialecte de Tartu) en 1806, puis avec la création du journal Postimees par Johann Voldemar Jannsen en 1857, contribue à affirmer l'unité nationale et le désir de liberté dans un contexte de domination étrangère[1]. Lors de l'occupation soviétique, les médias continuent de jouer un rôle émancipateur pour la population, malgré la censure : l'étendue du signal de l'Émetteur de radiotélévision d'Espoo en Finlande permet aux Estoniens du Nord du pays de visionner la télévision finnoise dès les années 1970[2]. Les Estoniens, grands consommateurs de médias, contournent ainsi la censure et la propagande du régime, et s'informent sur l'actualité et la vie de l'autre coté du rideau de fer et dans le reste du monde[3].

Largement libéralisé dans les années 1990, le secteur de la presse est florissant dans l'Estonie indépendante. Le rachat des titres de presse par des groupes étrangers (en particulier scandinaves) jusqu'aux années 2000, et la multiplication des publications permet au secteur de conserver sa pluralité (contrairement à la formation d'oligarchies dans les autres territoires du Bloc de l'Est). Malgré une inversion récente de la tendance et une re-concentration de médias privés dans de grands groupes (tels que Postimees ou Ekspress Grupp), l'Estonie figure aux premières places dans le classement de la liberté de la presse de l'ONG Reporters sans frontières, aux côtés des pays nordiques voisins[4],[5],[6].

En plus du journal historique Postimees, les journaux Eesti Päevaleht et Õhtuleht font partie de la presse quotidienne nationale. L'Estonie compte de nombreux journaux régionaux, dont les déclinaisons locales de Postimees.

Internet

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Logo de Delfi, le principal portail d'informations en ligne dans les Pays baltes.

Apparu en 1992, le réseau Internet bondit à partir de 1995, atteint en 2024 92,9 % des ménages du pays et change les modes de consommation de l'information[7]. Les tirages papiers de la presse nationale déclinent, ces journaux créent leur version Web, concurrençant Delfi, le portail en ligne le plus consulté[8],[9]. La télévision reste prisée, malgré la concurrence des portails Web et des réseaux sociaux : ils sont la première source d'informations et de divertissements chez les jeunes[10].

Radio et télévision

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Margus Saar, journaliste emblématique du service public estonien, présentateur du Journal télévisé.

L'Estonie dispose d'un service audiovisuel public comprenant la télévision et la radio : Eesti Rahvusringhääling. La principale chaîne de télévision publique est ETV. La principale radio du service public, Vikerraadio, est la plus écoutée du pays[11]. L'Estonie compte près de 35 radios privées dont Kuku Raadio, la plus ancienne et la plus écoutée, des radios musicales telles que SkyPlus ou MyHits. Le groupe Duo Media Network propose les chaînes privées de divertissements les plus regardées du pays comme Kanal 2, qui diffuse les versions estoniennes des formats internationaux tels que Danse avec les Stars ou Le Juste Prix.

Les grands groupes du pays possèdent tous une déclinaison de leurs médias en langue russe à destination de la minorité russophone du pays[12]. En télévision, on compte notamment la chaîne publique d'information ETV+, ainsi que Kanal 7 (divertissement) ou Kino 7 (cinéma)[13],[14].

Jusqu'aux années 2020, environ un tiers de la minorité russe ne consultait que les médias de Russie, eux-mêmes contrôlés ou surveillés par le gouvernement russe[15]. Évoluant dans une sphère informationnelle fermée, cette population, principalement composée de personnes âgées, est exposée à la propagande et la désinformation de masse de la part de la Russie[16],[17],[18]. À la suite de l'Invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022 et aux discours de haine envers l'Estonie sur ces canaux, le gouvernement estonien a limité l'accès aux chaînes de télévisions et sites russes concernés[19],[20].

Notes et références

  1. (et) Eesti Kirik, « 200aastane uudis pakub endiselt kõneainet », sur Ajaleht Eesti Kirik, (consulté le )
  2. (en-GB) tomtonks, « Behind the Iron Curtain: A Glimpse into Daily Life in Soviet Estonia », sur Hidden Tallinn, (consulté le )
  3. « DSpace », sur helda.helsinki.fi (consulté le )
  4. (en) Maxence Grunfogel, ERR News | ERR, « Feature: Estonian media landscape and freedom of the press over the years », sur ERR, (consulté le )
  5. (en) ERR News | ERR, « Estonia ranks 6th on World Press Freedom Index », sur ERR, (consulté le )
  6. « Estonie | RSF », sur rsf.org, (consulté le )
  7. (en) « 92.9% of Estonian households use the internet, social media is increasingly popular | Statistikaamet », sur www.stat.ee (consulté le )
  8. (et) Bruno Lill, « Statistika », sur Eesti Meediaettevõtete Liit, (consulté le )
  9. (en) Valner Väino, ERR | ERR, « Estonia's newspaper print circulation remains in decline », sur ERR, (consulté le )
  10. Youth and news in a digital media environment: Nordic-Baltic perspectives, Nordicom, (ISBN 978-91-88855-02-2)
  11. (et) ERR, « Vikerraadio on Eesti kuulatuim raadiojaam », sur ERR, (consulté le )
  12. Andres Jõesaar, Salme Rannu et Maria Jufereva, « Media for the minorities: Russian language media in Estonia 1990–2012 », Media Transformations, vol. 9,‎ (DOI 10.7220/2029-865X.09.07, lire en ligne, consulté le )
  13. « Reportage international - Estonie: ETV+ la nouvelle chaîne en russe », sur RFI, (consulté le )
  14. « Kanal 7 EE », sur kanal7.ee (consulté le )
  15. (en) ERR, Joakim Klementi | ERR, « Russian info channels in Estonia viewed, trusted far less than year ago », sur ERR, (consulté le )
  16. Assen Slim, « Estonie: Une chaîne en langue russe pour contribuer à l’intégration des russophones? », sur REGARD SUR L'EST, (consulté le )
  17. (en) « Russian propaganda pouring into the brains of Estonian viewers », sur Estonian news, (consulté le )
  18. (en) Ramishah Maruf, « How Estonia wants to steer clear of Russian propaganda | CNN Business », sur CNN, (consulté le )
  19. (en-GB) « Estonia to block Russian TV channels », sur Broadband TV News, (consulté le )
  20. (en) ERR | ERR, « Four Russian TV channels banned from Estonian airwaves », sur ERR, (consulté le )