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Ministère de l'Air (Royaume-Uni)

Ministère de l'Air
Air Ministry
Logo de l'organisation
Le Conseil de l'Air en session au ministère de l'Air en juillet 1940
Situation
Création 1918
Dissolution 1964
Type Département exécutif
Siège Adastral House, Kingsway
Londres (Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni)
Langue anglais
Organisation
Secrétaire d'État de l'Air Winston Churchill (1919-1921)
Sir Kingsley Wood (1938-1940)
Organisations affiliées Gouvernement du Royaume-Uni

Le ministère de l'Air (en anglais : Air Ministry) est un ancien ministère du gouvernement britannique avec la responsabilité de gérer les affaires de la Royal Air Force. Il est actif de 1918 à 1964.

Création

Pour mettre un terme aux querelles nées des prérogatives respectives des deux flottes de guerre aériennes britanniques : celles de la British Army et de la Royal Navy, le gouvernement avait créé le une institution arbitrale, l'Air Board, présidée par Lord Curzon.

Les diverses tentatives de réorganisation de l'Air Board furent impuissantes à résoudre ses problèmes. En outre, la multiplication des raids allemands sur la Grande-Bretagne inquiétaient l'opinion publique et poussaient à une action rapide. C'est pourquoi Lloyd George, le Premier ministre, nomma une commission dirigée par le général Jan Smuts, chargée d'enquêter sur les failles de la défense antiaérienne et de revoir l'organisation de l'Air Board.

Vers la fin de la Grande Guerre, le 17 août 1917, le général Smuts lut au War Council un rapport sur l'avenir de l'aviation militaire. Compte tenu de son potentiel pour « la dévastation des territoires ennemis, la destruction des centres industriels et des foyers de population à grande échelle », il y recommandait la réforme de l'Aviation militaire pour en faire une arme d'importance comparable à la British Army et même la Royal Navy. L'aviation militaire devait dépendre d'un nouveau ministère, et le , la loi créant l'Air Force reçut l'approbation royale. Lord Rothermere fut nommé secrétaire d'État à l'Aviation. Au , l'Air Council comprenait parmi ses membres[1]:

Le ministère de l'Air se réunissait au début à l'Hotel Cecil, sur le Strand. À la fin de l'année 1919, il fut transféré à Adastral House, sur Kingsway[2]. La création du ministère de l'Air s'accompagnait de la suppression du poste de directeur général de l'aéronautique militaire auprès de l'Army Council[3].

Entre-deux guerres

En 1919, la RAF et le ministère de l'Air furent frappés d'une part par la démission de William Weir, d'autre part par la réduction draconienne des dépenses de défense liée à la dette abyssale du pays[4]. Pour faire face à l'opinion publique, le Premier ministre Lloyd George décida de créer un poste de secrétaire général à l'Aviation, qui ne serait pas membre du gouvernement, et de nommer à sa tête un homme connu : le , Winston Churchill accepta d'endosser ces fonctions. En dépit des protestations du Parlement, ce dernier réaffirma le maintien de l'unité de l'arme aérienne britannique, s'opposant en cela à la Royal Navy, qui perdait ses unités de combat aériennes ; du reste, le gouvernement décida de rattacher l'aviation civile à son administration plutôt qu'au ministère du Commerce[4]. Tout au long de l'année 1919, Churchill persista dans ses ambitions, s'appuyant sur un Livre blanc sur l'avenir de la RAF (largement rédigé par Hugh Trenchard) : ce texte fut systématiquement appliqué dans les années qui suivirent.

Mais au mois de , Lloyd George portait Churchill à la tête du Colonial Office et le remplaça par Frederick Guest en avril. À la chute du cabinet de Lloyd George, Andrew Bonar Law devient Premier ministre et choisit Samuel Hoare comme secrétaire général de l'Aviation en . Son successeur, Stanley Baldwin, élève Hoare au rang de secrétaire d’État[5] (mai 1923). Avec l'arrivée au pouvoir des Travaillistes l'année suivante, Christopher Thomson lui succède : grand partisan de l'aviation, il lance l'Imperial Airship Scheme, programme qui comprend la construction du dirigeable R101 aux ateliers royaux de Cardington[6].

À la chute du cabinet travailliste MacDonald (), Hoare reprend les fonctions de ministre de l'Aviation. Il veut développer les communications aériennes à travers tout le Commonwealth, en particulier vers l'Inde et l'Afrique du Sud. Il négocie l'octroi de subventions publiques à Imperial Airways pour que cette compagnie inaugure une ligne commerciale entre Le Caire et l'Inde. Hoare et sa femme Lady Maud honoreront de leur présence le vol inaugural de 13 jours vers Delhi : partis de l'aérodrome de Croydon le , ils rallient la métropole indienne le . La liaison vers Le Cap n'aboutit qu'après d'interminables tractations, en 1929, juste avant le départ du ministre ; son exploitation commerciale ne commencera qu'en 1932[7].

Simultanément, une priorité du général Trenchard, le chef d’état-major aérien, était d'instituer une école de pilotes de guerre à Cranwell. Les négociations sur ce point entre le ministre Hoare et le Trésor furent âpres et n'aboutirent qu'en 1929, année de la pose de la première pierre de l'école de la Royal Air Force, laquelle n'ouvrit qu'en 1934[7].

Mais Trenchard envisageait une université pour tous les cadres de la RAF. Hoare et surtout son premier secrétaire Geoffrey Butler, grâce à ses relations au sein du Parlement, avaient obtenu dès le mois d' la création d'une École de l'Air à l'université de Cambridge, l'University Air Squadrons ; toutefois, l'institution privilégia ses collaborations avec les ingénieurs et physiciens de l'université, au détriment du caractère militaire d'une école d'officiers[7].

Le dernier aspect du mandat de Hoare au ministère de l'Air aura été de se concilier l'opinion publique en donnant à la RAF une image prestigieuse. Pour cela, il donna toute la publicité possible au vol transcontinental de la Noël 1926-27 vers les Indes. Il comprit également toute l'importance d'une manifestation comme la coupe Schneider et prit les dispositions pour que la RAF y joue un rôle important : les victoires de la Grande-Bretagne aux compétitions de 1927, 1929 et 1931 furent le fait de pilotes et d’équipes sponsorisées de la RAF[7].

Liste des ministres

Notes et références

  1. (en) Philip Joubert de la Ferté, The Third Service : The Story Behind the Royal Air Force, Londres, Thames & Hudson, , 274 p. (présentation en ligne), p. 61
  2. (en) « History of the Ministry of Defence and the Old War Office », sur GOV.UK (version du sur Internet Archive)
  3. Institution et statuts du War Office (en) « The Long, Long Trail – The British Army in the Great War of 1914–1918 », (version du sur Internet Archive).
  4. a et b (en) John Sweetman, « Crucial Months for Survival: The Royal Air Force 1918–19 », Journal of Contemporary History, vol. 19, no 3,‎ , p. 529-547 (ISSN 0022-0094, DOI 10.1177/002200948401900307)
  5. (en) David Butler et Gareth Butler, British Political Facts 1900–1985, (réimpr. 6e), 536 p. (ISBN 978-0-333-39949-1, présentation en ligne), p. 12–15
  6. Oxford Dictionary of National Biography
  7. a b c et d (en) J.A. Cross, Sir Samuel Hoare : A Political Biography, Londres, Jonathan Cape, , 414 p. (ISBN 978-0-224-01350-5, présentation en ligne), p. 99–105.

Articles connexes